
Inauguré en 1913, le Golf de Saint-Cloud est un club privé comportant deux parcours de 18 trous, situé sur les communes de Garches, Rueil-Malmaison et Vaucresson. Il figure avec 21 autres golfs français dans le guide Rolex des 1000 meilleurs parcours du monde et offre une vue imprenable sur Paris et la Tour Eiffel.
Histoire
Le Golf de Saint-Cloud est situé sur le domaine de Buzenval, constitué vers 870 par Bozon V, duc de Bourgogne. Napoléon Bonaparte, premier Consul, acquit la Malmaison en 1799 sous l’impulsion de son épouse Joséphine. En 1805, devenue Impératrice, celle-ci étendit son parc en faisant l’acquisition du Domaine de Buzenval, comprenant notamment tout l’espace du golf actuel. En 1809, lors de son divorce, Napoléon Ier fit don de l’ensemble de la Malmaison à son ex-épouse Joséphine, devenue Impératrice douairière.
Elle en resta propriétaire jusqu’à sa mort en 1814. Le domaine fut alors repris par son fils Eugène de Beauharnais jusqu’en 1818, année de la vente du domaine de Buzenval à la mairie de Rueil, qui le conserve jusqu’en 1828. De 1852 à 1868, le prince Murat en est propriétaire. Par la suite, le domaine de Buzenval sera scindé en deux parties, dont l’une deviendra la propriété du Saint-Cloud Country Club.
Le 19 janvier 1871, se déroula notamment sur le fairway du 15 Vert la sanglante bataille de Buzenval perdue contre les Prussiens. Au cours de celle-ci, le peintre Henri REGNAULT trouva la mort alors qu’il n’avait que 27 ans. Un buste fut érigé en son honneur (trou n°14 parcours Vert). Son maintien à perpétuité fut l’une des conditions de la vente du terrain en 1896.
Finalement, la société « Saint-Cloud Country Club » (SCCC), présidée par son fondateur Henry CACHARD, avocat américain, fit l’acquisition du domaine en 1911.
Biodiversité : le golf de Saint-Cloud a reçu le label argent créé conjointement entre la Fédération Française de Golf et le Musée d’Histoire Naturelle.
Le Golf de Saint-Cloud a sollicité dès 2012 un premier diagnostic écologique avec une demande de perspectives de gestion pour le site. Cette étude sur l’écosystème du golf a permis de connaître et de faire connaître aux membres le patrimoine naturel du site, de le valoriser et d’intégrer sa préservation à la gestion courante.
En 2018, Le Golf de Saint-Cloud a poursuivi son travail d’exploration et de mise en valeur de la biodiversité du site en s’inscrivant dans une démarche de labellisation élaborée conjointement par la Fédération Française de Golf (FFG) et le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN).
Ces deux études ont été confiées à l’Office de Génie Ecologique (OGE). Cette société a accompagné le Club afin de réaliser un nouvel inventaire du patrimoine écologique (faune et flore), d’identifier les actions de valorisation du patrimoine et a proposé des préconisations sur 5 ans pour s’inscrire dans la démarche du label Argent, mis en place par la FFG et le MNHN.
Le Golf de Saint-Cloud est une niche de taxons (organismes vivants) en progression depuis 2018. Un patrimoine naturel s’est installé sur le site depuis l’origine des terrains et l’Office de Génie Écologique a proposé une série de préconisations afin de maintenir les équilibres écologiques, sans toutefois nuire au jeu de golf : la gestion des espaces en herbes et des arbres sénescents, la plantation d’essences locales et la restauration de quelques mares.
Ainsi le domaine du Golf de Saint-Cloud, par sa dimension, ses actions de prévention et la richesse de son écosystème, contribue à l’écologie urbaine.
Gestion de l’eau et des intrants
Une charte nationale « Golf et Environnement » a été signée conjointement par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, le Ministère de la Santé et des Sports et la Fédération Française de Golf. Elle engage les golfs dans une réduction d’apport d’eau d’arrosage des parcours de 30 % et une diminution des traitements phytosanitaires (-50% sur les départs, les fairways et les greens ; -100% pour les abords et les roughs).
Afin d’améliorer sa gestion de l’eau, le Golf de Saint-Cloud a mis en place depuis 2016 plusieurs dispositifs qui ont permis de réduire l’arrosage de 30%.



La gestion du parc arboricole du Golf de Saint-Cloud fait l’objet d’une attention particulière.
Le Golf de Saint-Cloud est riche de 4.500 arbres. Depuis 2005, le Comité de direction a diligenté plusieurs études réalisées par un cabinet de Conseil en arboriculture, ornement et foresterie (APE). Un premier plan quinquennal en 2005, suivi d’un second en 2011 et d’un troisième en 2018 ont permis de suivre l’état sanitaire des arbres du golf dont certains sont référencés comme arbres remarquables dans le fichier départemental des Hauts de Seine.
Le Golf de Saint-Cloud consacre ainsi chaque année un budget significatif à l’entretien du parc arboricole : abattage, élagage, ornements, niches écologiques

Golf et écologie : il est possible de concilier les deux !
Le Golf de demain sera écologique, c’est inévitable ! La raréfaction des ressources, la pression foncière sur les espaces naturels et agricoles, la disparition massive de la biodiversité, les impacts du changement climatique font que les golfs n’auront d’avenir que si les pratiquants sont « citoyens » et soutiennent les gestionnaires qui ont pour mission délicate de concilier exigences environnementales, sportives et économiques.
Le Golf de Saint-Cloud a intégré les enjeux environnementaux depuis de nombreuses années en menant des actions en faveur d’une meilleure gestion de l’eau, des intrants et de la protection de la biodiversité. Il poursuit cette politique en dotant le Club de nouveaux équipements (véhicules hybrides, local phytosanitaire, arroseurs…) et en menant une démarche RSE avec un plan de progrès sur 5 ans.
Entretien des parcours de golf : vers le zéro phyto !
Adoptée en 2014 et progressivement mise en place depuis 2017, la loi Labbé a pour objectif de réduire l’usage des produits phytosanitaires afin de protéger la santé publique et l’environnement. Après avoir ciblé les espaces publics et privés, elle s’étend désormais aux terrains de sport et aux parcours de golf. Un arrêté du 10 janvier 2025 définit le cadre dans lequel certains usages essentiels sont autorisés, ceci afin de donner du temps à la filière sportive pour trouver des solutions alternatives viables.
Renouvelé en 2019, l’accord-cadre entre l’État et la filière du golf a pour objet de maintenir la concertation concernant le développement des projets reconnus d’intérêt commun et la transition vers l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires chimiques sur les pelouses sportives.
Pour mener cette concertation avec les pouvoirs publics, un collectif des acteurs de la filière des pelouses sportives a été constitué sous l’égide du Ministère chargé des Sports. La première action concrète du collectif a été de réaliser un diagnostic d’une ampleur inédite, puisqu’il dresse un état des lieux complet de l’usage des produits phytosanitaires sur l’ensemble des pelouses sportives de France. Ce travail évalue notamment les délais et les conditions à réunir pour réussir cette transition (programmes de recherche, épidémio surveillance, acquisition de nouveaux matériels, formation des gestionnaires…).
Un plan d’actions prioritaires a été mis en œuvre, avec le soutien des pouvoirs publics et en Europe, des projets de recherche sur le gazon ont été menés par des firmes dont les produits semblent aujourd’hui remis en cause.
Parmi les projets de recherche pour développer la lutte contre les organismes nuisibles des gazons, il y a :
- – L’établissement de collections variétales pour déterminer les variétés de gazon résistantes et adaptées aux différents sols et aux différents climats rencontrés en France
- – Le développement de nouveaux outils pour la détection des maladies et la surveillance des micro-organismes et des adventices (plantes qui poussent dans un milieu aménagé sans y avoir été intentionnellement introduites)
- – La conduite d’études multifactorielles pour contribuer au développement de nouvelles connaissances sur les spécialités de biocontrôle, les méthodes culturales, la fertilisation et la gestion de l’irrigation
- – Le développement de techniques de traitement d’images associées à l’intelligence artificielle pour détecter et localiser les mauvaises herbes à un stade précoce de développement
Actions de formation et de sensibilisation
- – Formation des directeurs de parcours (gestion de l’application des produits, aide à la décision pour la gestion du gazon, certification de contrôle biologique)
- – Appui des clubs de golf pour l’investissement dans le matériel de transition
- – Sensibilisation des golfeurs pour les convaincre de l’absolue nécessité des nouvelles pratiques









